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 L'AVEUGLE ET LE SOLEIL (SOL)

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MessageSujet: L'AVEUGLE ET LE SOLEIL (SOL)   Sam 5 Sep - 13:18

Ce matin le soleil brille. Le ciel est bien bleu et il y a un rond tout jaune qui illumine tout l’espace. Je suis allongé torse nu sur le pont de mon bateau et je regarde le soleil droit dans ses rayons, pour savoir qui va détourner le regard en premier. Les vieux du pub me disent que c’est débile de faire ça, parce que c’est en faisant ça que le vieux Henry est devenu aveugle. Moi je ne les crois pas, s’il est devenu aveugle c’est surtout parce qu’il est vieux, plus vieux que mon bateau et sûrement aussi vieux que la mer. Alors les vieux du pub m’ont dit que le vieux Henry était aveugle mais pas sourd et je suis reparti en courant sur les pavés du village.
Ma vision se brouille alors je ferme des yeux très fort. Quand je les rouvre il me semble que je suis moi aussi aveugle. Je vois tout blanc et tout jaune et c’est comme si le soleil était directement rentré dans mes yeux. Je commence à paniquer et je me réfugie dans la cabine de mon bateau pour aller chercher l’ombre. Je tâtonne parce que je ne vois plus rien.
Je touche un corps qui dort.
Je me souviens alors que Sol est resté ici cette nuit.
Je le secoue avec mes mains pleines de cals et de sel. Je l’agite dans tous les sens et je sens une boule former un nœud dans ma gorge.
- Réveille-toi … Réveille-toi, Sol …
Je parle très vite et très bas.
- Sol, je suis en train de devenir aveugle !
Je crie pour le réveiller tout en continuant de le secouer comme un fou et mes mains se serrent sur ses épaules et sur son corps et d’un coup j’ai très peur de ne plus rien voir du tout et de devenir comme le vieux Henry, mais je serai le vieux James au fond du bar à attendre que les couleurs et la lumière reviennent.

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MessageSujet: Re: L'AVEUGLE ET LE SOLEIL (SOL)   Sam 5 Sep - 17:10

J’aimais bien mon rêve, même s’il racontait n’importe quoi ; moi sur un coquillage qui flottait sur la mer, un grand coquillage où je pouvais dormir dedans et je m’en allais, comme ça, vers ailleurs, bercé par le clapotis des vagues et la chaleur douce du soleil. Je n’ai jamais rêvé d’horizon, juste de compagnie, et seul sur ce coquillage immense, j’ai dû mal à comprendre pourquoi je m’y sentais si bien (peut-être que James était caché quelque part, une porte secrète que je n’avais pas découverte ?) Mon cerveau (ou mon coeur) a du comprendre que quelque chose n’allait pas, parce que c’est à ce moment-là que la mer a commencé à s’agiter. Je tanguais de partout et les clapotis des vagues se sont transformés en un bruit d'ouragan et le soleil a disparu, envolé, remplacé par des nuages remplis de vent.
J’ai ouvert les yeux brusquement.
James qui secoue mes épaules, la lumière du soleil qui m’aveugle, et le réveil en urgence qui me fait perdre tout mes moyens..
Quoi ? Qu’est-ce qui a ? Qu’est-ce qui se passe ?
Il me faut quelque seconde pour comprendre : Je suis en train de devenir aveugle.
Je fronce les sourcils.
Quoi ?
Je me redresse et cette fois c’est moi qui le tient par les épaules, comme pour lui dire : mais non, arrête, respire, ça va aller. (Comme pour dire : je suis là ça va aller).
- Chut..
Je le regarde dans les yeux pour vérifier que les siens sont pas comme ceux des poissons que l’on fait cuire. Et je crois que non, ils sont toujours aussi beaux.
- Ferme les yeux.
Ma voix est encore un peu roque, peut-être parce que je viens de me réveiller, (ou peut-être parce que j’ai peur ?) Et je tente de me rassurer, de me dire que non, il ne peut rien m’arriver. Il ne peut rien m’arriver de mauvais.
Je pose mes pouces sur ses paupières, j’appuie, un tout petit peu, et je souffle dessus. Je masse quelques secondes, mon coeur qui tambourine dans ma poitrine, et mes yeux à moi qui se refuse de se fermer par peur de voir James s’envoler comme le soleil de mon rêve.
J’enlève mes pouces et je prend une grande inspiration.
- Ouvre..
J'attends un peu. Une deuxième inspiration.
- Tu me vois ?
Supplication pleine d’espoir.
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MessageSujet: Re: L'AVEUGLE ET LE SOLEIL (SOL)   Sam 5 Sep - 17:37

J’ai toujours mes mains de presque homme qui le serrent parce qu’à cet instant là Sol(eil) est ma seule bouée de sauvetage dans cet océan tout noir. Je sens les larmes monter aux yeux parce que je ne veux pas être aveugle, parce que j’ai encore rien vu du monde, et comment je vais faire plus tard pour voir les phares dans la nuit, les baleines, les dauphins et les couchers de soleil ?
Sol sous mes mains bouge et je comprends alors qu’il est remonté à la surface. Ses mains tombent sur ses épaules et c’est un grand vide dans mon ventre et dans ma tête que de ne pas voir, ni lui, ni rien du tout.
- Ferme les yeux.
Je hoche la tête et je les ferme. Je lui fais confiance parce que Sol connaît ces choses-là sûrement mieux que moi. Lui a étudié, a appris et voit le monde d’un œil différent du mien (qui ne voit plus rien).
Je sens ses mains sur mon visage et elles massent mes yeux. Son souffle s’égare sur mes cils et je me demande si Sol en plus d’être le soleil est aussi un sorcier. Ou plutôt un guérisseur. On m’a déjà dit que ça existait, ce sont des gens qui savent guérir en nous demandant de fermer les yeux.
- Ouvre … Tu me vois ?
J’attends avant d’ouvrir mes paupières.
Parce que la peur de voir du noir me tenaille le ventre et me serre affreusement.
Je prends une inspiration tremblante.
Mes paupières s’ouvrent l’une après l’autre.
Le visage de Sol se forme et ses traits sont marqués par l’inquiétude. Mon corps se relâche d’un coup de soulagement et je me laisse tomber sur le sol de la cabine, échappant aux mains de Sol.
- Oui … J’te vois …
Je passe ma main dans mes cheveux sales et je dois avoir l’air pas très net, un peu dérangé. Je laisse tomber ma nuque sur ma couchette et j’essaie de m’habituer au clair obscur de la cabine, à Sol devant moi, aux nouvelles formes et couleurs.
- J’me suis réveillé et je suis allé regarder le soleil pour faire un combat avec lui. C’est celui qui détourne le regard en premier qui perd … Puis d’un coup, plus rien. Enfin si, tout. J’avais que de la lumière dans les yeux et c’est comme si le soleil était tombé dedans.
Je renifle et je me gratte le genou en essayant de comprendre pourquoi et comment.
- C’était horrible.
Je conclus mon explication.
Je lève les yeux vers Sol.
- Comment tu fais ça avec tes mains, pour guérir ? T’as un don toi aussi ?
Comme les guérisseurs. Je demande. Peut-être qu’on pourrait faire un hôpital dans le bateau. Avec Sol pour guérir et James pour nettoyer derrière, les blessures et les pansements tombés sur le pont et dans la cabine.

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MessageSujet: Re: L'AVEUGLE ET LE SOLEIL (SOL)   Sam 5 Sep - 23:19

Mon corps se vide ; plus de peur, plus de coeur qui bat vite, plus de larmes qui menacent le bord de mes yeux, rien, du vide. Je crois que c’est ce qu’on appelle être soulagé. C’est ça, pendant quelques secondes, le poids du monde s’en va de mes épaules et je souris avant de basculer en arrière.
Mon cerveau refait surface, je suis balayé de plein fouet par la réalité. J’ai mal au dos d’avoir dormi ailleurs que dans mon lit, puis j’ai pas dormi assez non plus, mes lèvres me font mal et ont le goût du sel, puis j’aimerai bien prendre une douche, ou me noyer dans des draps plus chaud. Je sais que maman dirait que c’est parce que je suis un enfant gâté et capricieux. Elle doit pas avoir tord. Je me frotte les yeux. Moi aussi le soleil m’aveugle, en fait non, c’est pas le soleil, c’est les yeux brillant de James. Lui aussi, doit être soulagé, c’est pour ça qu’ils brillent et me regardent avec tant d’intensité.
Allongé sur les planches en bois, j’observe James raconté son récit, et je me demande moi, si je devais ne plus jamais voir, ce que j’aimerais voir en dernier ? Son visage affolé ?
J’ai presque envie de lui dire qu’il est bête, son récit me fait même sourire. J’ai envie de lui dire : mais t’es bête James, le soleil c’est une gigantesque boule de feu, pas un voisin au regard méchant. Mais j’ai pas envie de casser sa magie, je veux pas casser son innocence avec mes explications de grand. Le soleil, une étoile à des milliers de km ? Seulement quand je suis avec maman. Avec James, se sera un voisin au regard méchant qu’il faut défier si l’envie nous prend. Mais je préviens quand même :
- Promets de plus jamais faire ça ! C’est un dur à cuire le soleil, il détourne jamais le regard, même devant les adultes.
Je lui tend mon petit doigt (comme le faisait mon grand frère pour que j’arrête de faire des bêtises).
- Promis ?
J’attends qu’il répond avant de soupirer, tout doucement, et de me redresser. Je me met bien à sa hauteur, mes yeux dans les siens. Je le fixe un peu, en me disant que c’est triste un enfant qui ne sait rien, mais que surtout, c’est triste aussi, un enfant qui sait tout. Quand est-ce que j’ai arrêté d’inventer des histoires pour comprendre le monde à ma façon ? J’aimerai que James m’apprenne à penser comme lui, à être encore un peu enfant, quand je passe du temps dans son bateau.
- Maman m’appelle “son Soleil”. Peut-être que c’est pour ça que ça a marché ?
J’ai pas de don, je suis pas magicien, je suis même pas médecin. Pas encore en tout cas, c’est ce que dis papa. Si je deviens pas médecin, se sera avocat, si je deviens pas avocat, peut-être que je pourrais devenir maire, ou peut-être même roi, avec une princesse et un royaume. Moi je veux rien de tout ça ; James et son bateau me suffisent.
- Et toi, comment tu fais avec tes mains pour construire ?
C’est vrai que moi, je sais rien faire avec mes doigts (même pas guérir, c’était un mensonge), mais lui, à chaque fois que je viens, c’est encore mieux qu’avant. Peut-être que lui, avec son âme d’enfant, il arrive à être magicien.


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MessageSujet: Re: L'AVEUGLE ET LE SOLEIL (SOL)   Dim 6 Sep - 15:12

- Promets de plus jamais faire ça ! C’est un dur à cuire le soleil, il détourne jamais le regard, même devant les adultes. Promis ?
Sol tend son petit doigt vers moi et je le serre du mien en hochant la tête.
- Promis.
C’est qu’à me prendre pour le roi du monde je me prends aussi pour le roi de l’univers, j’ose alors me dresser contre le soleil et je le défie du regard. J’ai trouvé plus grand, plus fort et plus brûlant que moi. Plus jamais j’essaie, c’est promis. Plus jamais je plonge mes yeux dans ses rayons parce qu’il pardonne rien le grand enflammé là-haut dans son ciel.
- Maman m’appelle “son Soleil”. Peut-être que c’est pour ça que ça a marché ?
Je hausse les épaules.
- Peut-être.
Et je souris.
Ma mère à moi m’a seulement appelé James. James viens ici, James range ta chambre, James t’es pénible, James tu comptes quitter la maison un jour, James, bon sang ! James, baisse la musique, James, grandis un peu, James, tu comptes traîner comme ça toute ta vie ?
Je me dis que finalement la vie tout seul sur mon bateau et parfois avec Sol vaut bien mieux que toutes les vies à la maison et avec ma famille. Je pense que je suis très heureux même si j’ai failli devenir aveugle, même si j’ai des échardes dans les mains et personne pour me les enlever, même si parfois je me sens très seul dans ma cabine et que je vais parler avec les vieux du pub pour tuer le temps.
C’est quand même bien.
- Et toi, comment tu fais avec tes mains pour construire ?
Je le regarde avec les yeux grands ouverts.
Comment je fais avec mes mains
pour construire ?
- Je sais pas trop. J’ai un peu appris tout seul, sur le tas, comme on dit. Avec des outils, des livres volés, les vieux du pub aussi.
Je baisse les yeux et je regarde les paumes de mes mains. Elles sont larges et fortes. Elles ont des égratignures, un pansement autour de l’index gauche, des cicatrices, des saletés, du sel et de l’eau de mer.
- Je t’apprendrais. Avec tout le bois flotté je suis sûre qu’on pourrait construire une barque. Ou au moins un radeau. On essaiera un jour, d’accord ?
Je me mets sur mes pieds et sors de la cabine.
Le bois du pont est baigné par le soleil et chaud. J’ai envie de retourner m’allonger sur le dos mais je sais que là-haut le soleil va encore essayer de me défier du regard. Et j’ai promis.
- Tu viens ? J’ai vu un petit trou dans la coque y’a pas longtemps, il faudrait le réparer avant que la mer monte.
Si mon bateau ressemble à du gruyère, je vais pas naviguer longtemps quand j’aurais mis les voiles vers le monde et l’inconnu.
Je retrousse mon pantalon au dessus de mes genoux, je prends ma boîte à outils et je saute dans la vase. Mes pieds nus s’y enfoncent et je me rends compte que je déteste cette sensation d’être coincé dans la vase et je déteste encore plus son odeur.
- Sol ?
Je demande.
- Est-ce que je sens la vase ?
Est-ce que son odeur me colle à la peau comme mon ombre, comme un parfum tenace, un morceau de moi ?

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MessageSujet: Re: L'AVEUGLE ET LE SOLEIL (SOL)   Mar 8 Sep - 15:34

Sa promesse me donne la sensation d’un deuxième soulagement, comme si j’avais pu, avec ma demande, le préserver encore un peu.
Mes grands yeux le regardent d’un air fasciné, moi aussi, j’apprends des choses, mais pas parce que ça m’est utile, mais ‘parce que c’est comme ça Sol, c’est important de savoir’, alors je sais plein de chose sur tout un tas d’autres choses. Mais je ne sais pas réparer les bateaux.
Il regarde ses paumes, j’observe les miennes. Des longs doigts fins (pour jouer du piano comme dit maman), avec seules les lignes à l’intérieur de mes paumes comme cicatrices, les ongles propres, bien limés, et la peau douce. Mes mains témoins d’une vie de privilégié que James ne connaît pas. Est-ce que ça le dérange ? Je lui demanderai un jour peut-être.
Puis je souris. Oui. Moi aussi, je veux construire une barque, moi aussi, je veux avoir des mains comme les siennes, comme celles des vieux du pub, comme tous les gens d’ici qui sentent la mer et on des vagues à l’intérieur d’eux pour faire battre leurs coeurs.
Puis ‘on’. Moi aussi, je veux faire partir d’un on. Surtout si c’est un ‘on’ ‘moi+james’.
Je souris, on voit mes dents que je cache d’un geste de la main (parce que c’est pas beau, dis toujours maman).
- Et on partira ?
Et on partira comme est parti mon grand frère ? (peut-être qu’on le verra là-bas, ‘ailleurs’ ?)
- Tous les deux ? (‘on’, ‘moi+james’.)
J’ai presque envie de lui tendre mon petit doigt encore, mais là, c’est une discussion de grand. Une discussion sérieuse. Si on doit partir, si on veut partir, il faudra en discuter un jour. Une vraie discussion, de grand, avec des accords et des désaccords, des poignets de main et des sourires de grand (ceux qui ne montrent pas de dents).
Je le suis hors de la cabine. Mes pieds nues caressent le bois chaud à chacun de mes mouvements et je savoure cette sensation que je ne connais que quand je suis ici.
James s’est déjà envolé, je dois me penché pour le voir dans la vase. Je m’assoie, les pieds dans le vide pour remonter mon pantalon comme le sien, au dessus du genoux (je fais ça proprement, pour pas qu’il y ait de plis et pour ne pas me salir), je fais pareil avec ma chemise (qui est déjà toute froissée). J’ai laissé mes chaussures dans la cabine, alors je devrais sauter à pieds nus dans la vase.
Mais Sol interromps mon activité avec ses questions. Je le regard de mon petit perchoir. Ses questions me donnent une impression de danger, comme celles que papa me posent parfois, comme si une mauvaise réponse pourrait faire exploser un volcan cacher à l’intérieur de lui. Mais j’ai pas envie d’être le faux Sol avec James. Alors je décide d’être honnête :
- Oui, parfois. Puis le sel, et la mer, un peu le sable aussi. Tout ça à la fois tu vois ?
Puis je regarde la mer au loin, qui viendra tout recouvrir dans quelques temps. Parfois j’ai l’impression qu’elle essaye de nous dire quelque chose, comme ‘suivez-moi’, quelque chose comme ça. Mon grand frère l’a suivi une fois. Mais moi je ne suis pas assez courageux pour le faire tout seul.
Puis je saute de mon perchoir, les pieds dans la vase (ça glisse alors je dois m’appuyer contre le bateau pour ne pas me salir), jusqu’à arriver tout, tout près de James (nos bras se frôlent quand je bouge). Je suis pas bien sur de voir le trou dont il m’a parlé.
- J’aime bien ton odeur, tu sais ?
Ben non bien sur qu’il ne sait pas, je lui avais jamais dit. Je crois que je rougie un peu en réalisant que ce n’est pas des choses que l’on dit à voix haute.
- Alors, il est où ce trou ?
Je fronce les sourcils, vraiment, je n’y connais rien en bateau.
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MessageSujet: Re: L'AVEUGLE ET LE SOLEIL (SOL)   Mar 8 Sep - 20:41

J’ai entendu sa voix me demander si on partirait tous les deux, comme dans les films ou dans les livres, un peu. Mettre les voiles, naviguer vers le soleil qui se couche, s’arrêter en pleine mer, s’allonger sur le pont du bateau, les bras croisés sous la tête et regarder les étoiles, deviner les constellations, traquer les étoiles filantes et s’endormir là, avec le clapotis de l’eau comme berceuse. Puis se réveiller au matin, le visage brûlé par le sel et le soleil qui se lève, fiévreux d’aventure, déjà prêts à repartir, pêcher des poissons, attendre, se cacher dans la cabine les jours de tempête, se laisser porter par le courant, faire le tour du monde, s’échouer sur des plages inconnues. On dirait que c’est la belle vie, la vie forte, intense, qui fait apprendre et rêver.
Je lève les yeux vers Sol qui a les jambes dans le tout petit vide.
Il semble tellement étranger à ce monde, mais aussi si familier. Il me semble qu’aujourd’hui il fait partie du bateau. C’est qu’il est souvent là, et parfois je le surprends à observer l’horizon en caressant la coque du bateau de façon rêveuse. Je me demande alors qu’elle est sa vie, pourquoi est-ce qu’il veut partir alors qu’ici il a probablement tout (sauf peut-être la liberté).
- Oui, parfois. Puis le sel, et la mer, un peu le sable aussi. Tout ça à la fois tu vois ?
Je tire un peu la tête alors. Je déteste l’odeur de la vase et du coup Sol me donne l’impression de sentir comme un vieux poisson.
Il saute dans la vase.
Il est si près que nos bras se disent bonjour à chaque fois qu’on fait un mouvement et même quand on ne fait rien du tout. C’est bizarre alors je mes yeux restes fixés sur le bois de mon bateau.
- J’aime bien ton odeur, tu sais ?
Je le regarde et ses joues ensoleillées n’échappent pas à mes yeux. J’esquisse comme un petit sourire, le sourire victorieux et insupportable de ceux qui crânent. Mais moi je ne crâne pas, c’est juste que j’ai pas l’habitude qu’on me dise des choses comme ça.
Le silence s’installe entre nous et je pense que Sol, lui, sent vraiment bon. Il a l’odeur du bain, des parfums, de bonne nourriture, parfois. Il sent le propre et parfois j’aimerais plonger le nez dans le col de sa chemise pour respirer cette odeur si particulière qu’est la sienne.
- Alors, il est où ce trou ?
Moi je passe ma main contre les planches incurvées de la coque, je ferme un peu les paupières et je perçois un creux, une cavité sous ma paume.
- C’est là. Tu vois c’est pas grand-chose mais plus ça ira et plus ça va se creuser, après l’eau rentrera dans le bateau et on coulera en pleine mer.
J’attrape une petite planche de bois qui traîne là et je la superpose sur la cavité. Ce n’est pas de la même couleur que la coque.
- Je crois que j’aime l’idée que le bateau ressemblera à un corps plein de pansements. C’est un peu comme un guerrier, tu vois ?
Je dis ça en regardant Sol.
Un guerrier.
- Tiens, tu peux tenir la planche, moi je vais la clouer par dessus. Je pense que ça suffira. Tu sais la réparation c’est pas grand-chose, il faut juste être logique, trouver comment faire pour que ça navigue de nouveau.
Je me penche pour ramasser le matériel qu’il faut. Je coince quelques clous entre mes lèvres, un peu comme on ferait avec une cigarette, et dans ma main je prends un marteau.
C’est un peu un méli-mélo de nos bras lorsque je commence à clouer la planche contre la coque du bateau, les sourcils concentrés par la concentration, le regard tantôt sur le clou, tantôt sur les mains de Sol.

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