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 CONSTRUIRE. DETRUIRE. RECONSTRUIRE.

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MessageSujet: CONSTRUIRE. DETRUIRE. RECONSTRUIRE.    Sam 14 Mar - 22:00

Les vagues balayent la plage, et moi je balaye les grains sables qui se sont nichés sur mon blouson. J'ai encore passé toute l'après midi sur cette plage de sable gris dans l'attente de voir le soleil orange se faire gober par la mer. J'ai encore loupé le moment crucial : le moment où le soleil disparaît à l'horizon. Tout ça parce que j'ai cligné des yeux. La prochaine fois, je mettrai des pinces autour de mes yeux pour les garder grand ouvert afin de ne rien louper du spectacle. Ou je boirai dix litres de café pour être sur de ne pas m'endormir.
Dans mon blouson, il me reste une seule allumette pour allumer ma cigarette. J'ai usé toutes les autres, captivé par la flamme qui jaillit, grignote et disparaît laissant le bout de bois noir charbon. J'ai le bout des doigts tout noir.
Il ne faut pas que le vent souffle sur ma dernière flamme. Il ne faut pas. Alors, je trouve un subterfuge : la tête cachée derrière un pan de mon manteau, je frotte l'allumette contre le support inflammable de la boîte, et l'approche très rapidement du bout de ma cigarette sur laquelle je tire avec toute la puissance de mes poumons. La fumée arrive dans mes alvéoles comme un nouveau souffle. Et je peux apprécier l'agressive douceur de la fumée qui parcoure mes poumons, mes poumons noir charbon. De ma bouche s'échappent des nuages gris. Ils flottent au dessus de ma tête comme de mauvais esprit.
Dernière inspiration. Je jette mon mégot dans le sable aux pieds de mon visiteur. Azul, aux cheveux fluorescent dans le clair de lune, me regarde d'un air furieux. Et moi, je le regarde d'un air vide, d'un air ailleurs.
- Barres toi, tu me caches la lune !
Depuis une heure, j'ai un rond noir devant les yeux. Je ne vois pas son beau visage de chérubin, mais je sais que c'est lui, le gentil garçon aux cheveux blonds qui ramassent les mégots, mes mégots.
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MessageSujet: Re: CONSTRUIRE. DETRUIRE. RECONSTRUIRE.    Lun 16 Mar - 18:26

Toujours avec mes pinces, tout le temps. J'ai plus que ça à faire de toute façon. (Qui se soucierait du pauvre garçon qui ramasse les ordures?). Personne. Y a personne pour m'aider. Alors j'continue à avancer sur cette immensité. Immensité de sable, face à l'immensité (infinie) de la mer. Y a juste un corps qui vient troubler l'immensité, le sien. Et pourtant, c'est lui qui a l'air troublé par l'immensité. (Mais lui il regarde pas la même, il regarde que les étoiles, tout le temps). Il espère encore voir son rayon vert. (Comme tous les soirs). Et chaque soir la même histoire : il s'endort, ne voit pas le rayon vert et (souvent) c'est moi qui vient le ramasser quand le soleil se lève.
Silhouette dans l'ombre, je passe devant lui, sans rien dire. Je laisse le bruit des vagues mais là c'est lui qui vient crier plus fort que la mer. Alors je crie aussi, parce qu'il dit que je le gêne, alors que tout ce qu'il fait c'est se laisser mourir petit à petit chaque soir dans le froid des étoiles.
- Et toi t'arrêtes pas de jeter tes mégots de merde partout sur ma plage. Mais t'es trop obnubilé par ton maudit rayon vert que tu te rends plus compte de rien, c'est ça??!
Bon, j'ai peut-être un peu trop crié (fort). J'sais pas. J'en ai un peu marre aussi, il vit que pour son rayon vert et il me fait travailler deux fois plus alors que la journée se termine. J'ai envie de rentrer moi. M'allonger tranquillement et ne plus penser à cette mer de déchets. (J'ai envie de rentrer avec lui).
Mais lui il veut jamais, y en a que pour le rayon vert, toujours. Toujours le rayon vert avant tout (et il s'endort toujours avant de le voir......). J'suis sûr qu'un jour il va le rater à quelques minutes. Il s'en mordra les doigts quand quelqu'un lui dira. Tiens, tant pis.
(J'ai envie de rentrer).
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MessageSujet: Re: CONSTRUIRE. DETRUIRE. RECONSTRUIRE.    Lun 16 Mar - 20:19

Ma mère me disait que j'avais un teint cadavérique, mais, quand j'me regarde dans le miroir, j'vois mes joues rouges brûlées par la soleil. Je passe tout mon temps dehors devant mon écran XXL : le ciel. J'suis pas un chien d'intérieur, moi, j'aime les grands espaces, j'aime courir, nager, tourner rouler dans le sable... et rester immobile pendant des heures. Y'a pas de mal à ça. Sauf pour eux. Ceux qui veulent m'empêcher de voir le soleil. Par exemple, boucle d'or n'aime pas que je reste assis sur le sable comme une statue de marbre. Et quand il me voit allongé sur le sol, il croit à chaque fois que je suis mort. Azul, je l'ai rencontré entre les dunes : il avait son blouson vert, sa casquette verte, son sac poubelle accroché à la taille et ses pinces... Il m'a lancé un bonjour timide, et moi, je ne lui ai pas répondu. (J'aime pas trop dire bonjour, même aux beaux garçons). Alors, silencieusement, il a ramassé tous les détritus que j'avais laissé autour de moi. Et je ne lui ai pas dit « merci ». (Papa ne me l'a pas appris). Et moi, je pensais qu'il ne m'aimerai pas, parce que des fois, j'lui parle comme un chien, j'le traite comme un moins que rien. (Parce que j'ai toujours entendu Papa parler comme ça à Maman. Alors, ça me semble normal). Mais, il est revenu vers moi, les jours suivants, et les jours d'après. Une fois, je l'ai embrassé et ses lèvres avaient un goût de pêche. Depuis, j'me souviens de lui comme celui-ci-qui-a-des-lèvres-goût-de-pêche. (D'habitude, je ne me souviens pas très bien des gens). Je pensais qu'Azul était sage comme image (parce que quelqu'un qui ramasse les déchets des autres sur la plage est forcément quelqu'un de bien élevé), mais des fois, il crie plus fort que moi. Comme cette fois-ci. Alors, ça m'énerve encore plus, parce que, comme Papa, j'aime pas tellement qu'on crie plus fort que moi.
- Depuis quand c'est ta plage ? C'est pas plus ta plage que la mienne, alors, écoutes, je fais ce que je veux sur cette plage ? Si t'en a marre de ramasser les mégots des gens, t'as qu'à mettre un panneau « interdit de jeter ses mégots » !
Je fais la moue, comme un enfant capricieux. L'air s'est rafraîchit, alors je remet mes chaussettes et mes chaussures à mes pieds. Je sais qu'Azul veut s'en aller. Le soir, il vient souvent me chercher pour que je rentre avec lui. Mais quand il se fâche contre moi, j'ai tout sauf envie de lui faire plaisir.
- Et puis, tu comprends pas. Tu m'comprends pas. Ça sert à rien de venir me chercher tous les soirs, si tu comprend pas ce que j'attends. Le rayon vert, c'est la plus belle chose de la nature ! Quand je l'aurai vu, j'pourrais renaître. Quitter cette vie de momie, et écrire des belles choses.

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MessageSujet: Re: CONSTRUIRE. DETRUIRE. RECONSTRUIRE.    Mar 17 Mar - 20:23

Il a l'air d'un enfant sur ses dunes, mais quand il parle c'est l'adulte qui crie. L'adulte qui veut être le plus fort, avoir raison. L'adulte qui exige le silence, le calme (pour le rayon vert). L'adulte qui cogne ses poings contre la table (il paraît que les gens font ça quand ils sont beaucoup beaucoup énervés).
Enfin, j'suis sûr qu'il crie tellement fort que même son rayon vert a peur de se montrer, que c'est pour ça qu'il vient jamais le soir quand on l'attend. Qu'il se cache, figure dans l'ombre (comme moi un peu). Au fond, il l'a jamais vu je crois. Il peut même pas être sûr qu'il existe. Parce qu'il l'a lu que dans les livres, et les livres mentent des fois. Ils racontent plein de jolies histoires pour nous mettre des étoiles dans les yeux et ça marche pas toujours.
Alors autant crier, encore.
- Sauf que je suis le seul à m'occuper de cette plage. Si je venais pas le faire, tu serais sur des déchets, tous les soirs. Et puis si je mettais un panneau, tu le lirais peut être??? Je crois pas. Tu penses qu'à ton rayon vert. Et crois moi y a des choses plus belles dans le monde. Tu veux pas les voir parce que t'es juste obnubilé par ces lumières. Tu rates tout. Toute ta vie. Tout. À cause de maudites étoiles.
Maudites c'est peut être un peu méchant violent, comme si elles avaient reçu une malédiction, d'un sorcier, d'un marabout, n'importe quoi, ou qui. Mais tant pis, c'est lui qui joue les sorciers des étoiles à crier partout comme ça.
Et puis après tout, il a l'air d'un gosse là, j'peux pas lui crier dessus comme ça. Enfin, je pourrais, mais j'en ai pas vraiment envie. J'ai envie d'avoir ses lèvres, ses joues, ses mains. Ses lèvres parce qu'il dit qu'elles ont un goût de pêche (les miennes). Et puis ses mains, pour les soigner, leur faire oublier toutes les nuits passées dehors, au froid.
Alors tant pis.
Moi je pose mes lèvres sur sa joue (toute douce) et puis j'attends qu'il se réveille, qu'il dise quelque chose.
(Ça mène à rien)
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MessageSujet: Re: CONSTRUIRE. DETRUIRE. RECONSTRUIRE.    Mer 18 Mar - 10:07

Il sait qu'il a raison, et je sais que j'ai tord.
Mais je ne veux pas m'avouer vaincu, il vaut mieux tenir tête et camper sa position. Reconnaître son erreur, c'est être faible. C'est comme ça que Papa me l'a appris. Mais, au diable, cette figure de petit prince ! Il a des beaux yeux, et sa bouche a un goût de pêche. Je ferai tout pour goûter encore une fois à ces lèvres. Et je sais que quand je pose ma main sur sa nuque, il faiblit. Et quand je regarde dans le fond de ses yeux, il y a tout. Tout ce que je recherche depuis des années. Dans le bleu de son iris : un océan. Dans le noir de sa pupille : une galaxie avec des milliards d'étoiles. Et quand il fait gris, ses yeux se colorient en vert.
Mes caresses sont magiques, et quand je le touche, il dit plus non. Au fond de ses yeux, il dit oui. Il crie oui. Il jouit. Et je joue avec ça. Je prend ses mains dans les miennes, parce que je sais que ça le rend docile. Il se transforme en petit écureuil apprivoisé. Il abandonne sa sauvagerie et son regard farouche. Et quand je passe ma main dans ses cheveux blonds, sa grande bouche ne dit pas non.
Et comme ça, je lui fais oublier les méchancetés qu'il m'a dit. Je lui donne l'impression de lui pardonner.
Je me lève, face à lui.
- Moi, je vis comme j'le sens. Si tu veux pas perdre ton temps avec un type comme moi, vas t'en trouver un autre. Tu me remplaceras facilement, y'a des pédés à chaque coin rue, ici.
Aujourd'hui, il est allé trop loin. Alors, je n'ai pas envie de lui cacher le fait qu'il m'a blessé. Je joue la carte de l'enfoiré. Parce que, j'peux pas. Non, j'peux pas ne pas rajouter un peu de piment dans les plats.
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